Deepam et bain de foule à l’indienne

La vie fait bien les choses… nous ne savions pas ce qui nous attendait quand nous avons déposé nos sacs à Tiruvannamalai. Notre arrêt dans cette ville était planifié depuis déjà quelques mois, ayant comme objectif de faire deux semaines de bénévolat (nous y reviendrons dans un prochain billet), mais nous n’étions pas au courant des festivités entourant le festival Deepam (signifiant feu en tamil).

 

Ce festival en l’honneur de Shiva attire des foules incroyables, la ville s’anime, passant de 144 000 habitants à plus de 5 millions lors de l’événement culminant du vendredi soir. Les festivités s’étendent sur une période de 10 jours et se termine avec l’embrasement d’une flamme sur la plus haute montagne de la  ville. Une pluie de feu d’artifice, généralement lancés par des enfants, illuminent la ville de même que des centaines de lampions que chaque famille allument sur leur maisons.

 

Des amis de la famille nous ont invités à découvrir un ashram et de participer à une marche sur le mont Arunachala, un ancien volcan, haut de 800m. L’ascension se fait pieds nus, à l’exception de Céleste et Corail, sur un chemin rocailleux. L’objectif: aller voir deux grottes où un gourou, Sri Ramana, y méditât de 1899 à 1922.  La marche et les nombreux cailloux pointus ont eu raison de ma patience au dire des filles… mais la vue était magnifique.

 

Priya, surnommée Didi (grande sœur en Tamil), la fille de la gestionnaire de l’orphelinat, nous à fait découvrir les festivités, le soir, avec les enfants les plus grands (13-15 ans). Pour économiser sur le transport, nous avons vite découvert la manière indienne de se déplacer, 12 dans un tuk-tuk!

 

Chaque jour de la semaine, un chariot est promené dans la ville. Généralement les chariots sont tirés par un tracteur, mais l’un d’entre eux est transporté à l’ancienne, c’est-à-dire avec la force humaine. Le chariot est fait de bois et est le plus gros d’entre tous. Deux chaînes sacrées à l’avant, l’une pour les hommes, l’autre pour les femmes, permettent à plus de 2000 participants de mettre en mouvement le mastodonte. La vision de cette masse de gens, se donnant corps et âmes pour déplacer ce chariot, était un moment très fort en émotion pour nous, un souvenir gravé à tout jamais dans mon esprit. Des gens de la foule tentaient de toucher la chaîne sacrée, mais se faisaient repousser farouchement par ceux qui avaient la chance d’être parmi les tireurs.

 

Une marée humaine, voilà à quoi ressemble la rue lors du passage d’un chariot. Des millier de policiers tentent de contrôler la foule, surexcitée par le passage du chariot. Par chance, nous étions généralement sur le toit des maisons d’amis de Priya, ce qui nous donnait une vue imprenable des chariots et des célébrations, sans avoir à vivre l’intensité de la foule… enfin presque tout le temps.

 

Un soir, n’ayant pas d’endroit surélevé pour observer le passage d’un chariot, nous sommes restés dans la rue, dans les escaliers d’un commerce. À notre grande surprise, le chariot était plutôt petit et sans grand intérêt, mais ce que les gens attendaient était la pluie de feux d’artifices, qui font partis intégrales des festivités.  Pauvre Céleste, elle déteste trois choses dans la vie, la chaleur, les gens qui entrent dans sa bulle et les feux d’artifices… Les trois éléments se sont rapidement assemblés et elle n’a pas apprécié le spectacle qui s’offrait à nous! Pour être franc, à un certain point, nous non plus! Les feux d’artifices sont lancés au milieu de la foule et cet endroit c’est retrouvé à être à moins de 10 mètres de nous… Nous n’étions pas au courant! Nous nous en sommes bien tirés tout de même, aucune brûlure!

L’un des grands événements du festival est une marche de 14 km autour de la montagne, la journée de l’embrasement de la flamme. Ceci apporte la bénédiction pour l’année à venir aux marcheurs. La majorité des indiens font la marche pieds nus pour augmenter l’effet purificateur. Nous n’avons pas fait le 14 km avec les filles, mais une marche d’environ deux kilomètres avec une bonne douzaine d’enfants de l’orphelinat, sandales aux pieds pour nous! Cette marche était très impressionnante. La journée et la nuit durant, des centaines de milliers de personnes s’entassent dans la rue pour parcourir les 14 km. C’est littéralement un flot continu de pèlerins. Sur la route, de la nourriture est distribuée gratuitement aux marcheurs. Plusieurs familles font des quantités astronomiques de riz qu’ils distribueront sans arrêt, en quête eux aussi de bénédictions.

 

Nous n’aurions pu mieux tomber en prévoyant notre itinéraire. La majorité des gens prévoient ce grand voyage longtemps à l’avance et nous avons eu la chance d’y être par hasard. Comme quoi la vie fait vraiment bien les choses!

 

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7 réflexions sur “Deepam et bain de foule à l’indienne

  1. Merci de prendre le temps de filmer, on ressent mieux ce que vous pouvez vivre , on a l’impression d’être sur place. Bonne suite et comme Marie le dit si bien, que la lumière continue à éclairer votre chemin et vous protège. Je vous aime XXX

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  2. Merci de nous faire voyager avec vous, que de générosité et de magie vous me donnez à moi et ma famille.
    Je vous souhaite de très belles fêtes et merci de tout cœur pour le cadeau fantastique de vos écrits de voyage.

    Bonne continuité.
    Lyne, André, Amarélie et Isadora

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