L’art de passer inaperçu

Ce n’est une surprise pour personne, les trains sont souvent en retard au Bangladesh. Bris mécaniques, congestion des voies et tensions politiques ne facilitent rien à la tâche. C’est avec 4h30 de retard que nous avons quitté la gare de Dhaka pour nous rendre dans la campagne de Srimangal, le calme après la tempête. C’est très tard en soirée que nous avons finalement rejoint notre destination.

Attendre sur le quai d’embarquement restera une aventure que nous n’oublierons pas de si tôt… Les trains locaux se succèdent dans la gare. Pour ne pas payer de billet, certaines personnes voyagent sur les toits des wagons. Pratique dangereuse, mais auparavant courante dans plusieurs pays, le Bangladesh est l’un des seuls où on le voit encore. Sur le quai, les gens se massent autour de nous, nous regardent et prennent des photos. Des animaux en cage, c’est un peu le sentiment que nous avions, mais après un bout de temps, on s’y fait. Parmi tous les gens qui sont venus nous voir, notons aussi un journaliste qui faisait un éventuel article sur les retards de trains. Quelques questions et photos et le voilà reparti.

Le lendemain matin, dès notre entrée dans le restaurant, les gens nous pointent et nous regardent. Nous commençons à être habitués… Toutefois, c’est avec un journal dans les mains qu’ils nous abordent et nous montrent notre photo en première page, dans le plus important quotidien du Bangladesh! Surprise, fous rires, nous n’arrivons pas encore à y croire! Pendant quelques jours, les gens nous abordent en nous disant:  » Hello family from Canada! » En fait, l’article relate les problèmes de retards de trains qui poussent même une famille de touristes à attendre sur le quai! On s’amuse à se dire qu’on a une plus grosse photo qu’Obama!

Journal bangladais

Journal bangladais

 

La région de Srimangal est reconnue pour ses agréables promenades à vélo dans sa campagne avoisinante au travers des villages et des plantations de thé. Avec les deux filles, c’est une option un peu différente que nous avons choisie pour découvrir les alentours. Yan s’est improvisé chauffeur de rickshaw pour la journée. C’était si agréable de se promener seuls, à notre rythme, en faisant des arrêts de temps à autre. Entres autres, un arrêt pour déguster le fameux thé à 7 étages!

Toutefois, ce qui est le plus mémorable de cette journée, est la réaction des gens sur notre passage. Il faut d’abord comprendre qu’ici le métier de chauffeur de rickshaw n’est pas une fonction valorisée, mais plutôt occupé par des hommes très pauvres. Voir un blanc conduire un rickshaw est du jamais vu pour eux. Deux réactions sur notre passage étaient possible: soit les gens nous regardaient ébahis, la bouche ouverte et les yeux ronds, ils n’en croyaient pas leurs yeux, sinon, ils nous regardaient en riant, en nous faisant des thumbs up! Yan ne roulait pas très vite, sécurité oblige, alors les gens nous dépassaient souvent. C’était à chaque fois très drôle de les voir s’arrêter à notre hauteur, dès qu’ils voyaient qui était le chauffeur!

Pendant notre journée, nous sommes arrêtés dans le village de Dolubari. Le chef du village était très accueillant. Il nous a fait visiter son village et nous a même invités dans sa maison pour manger quelques grignotines. Le tout sans dialogue, puisqu’il ne parlait pas anglais. Ayant trouvé une personne qui parlait quelques mots d’anglais, il nous a invité à revenir le soir même pour assister à une fête qui avait lieu au village. Nous avons accepté, curieux de voir à quoi cela pouvait ressembler.

Nous sommes donc revenus le soir vers 21h, avec un chauffeur cette fois. Le chef était si content de nous voir arriver, j’ai l’impression que c’est un grand honneur que nous lui faisions. Chants, danses, animation, musique forte, plusieurs enfants participaient au spectacle et le village au grand complet était rassemblé pour y assister. C’était de belles performances, on voyait qu’il y avait de la pratique derrière tout ça. Le programme étant prévu jusqu’aux petites heures du matin, c’est vers 23h que nous avons quitté, un peu à reculons.

De retour à Dhaka, nous avons eu le plaisir de revoir Ronny et Fatima pour leur dire au revoir. Zafrul, notre guide et ami, nous a quant à lui fait une belle invitation. Son ami, qui demeure près de la gare où nous devions être tôt le matin de notre départ, nous invite à souper et à passer la nuit chez lui. Encore une fois, nous avons été reçus comme des rois. Nourriture délicieuse en abondance, chambre des maîtres à notre disposition, nous avons mangé tous ensemble dans une atmosphère amicale où nous avons discuté de tout et de rien et avons même écouté de la musique québécoise!

Sur les coups de minuit, un chant de bonne fête en bengali, une bougie et une part de gâteau furent offerts à Yan par Zafrul et notre hôte. Bien que sa journée de fête serait au complet dans le train, il se rappellera sans aucun doute de ce coup de minuit où la gentillesse et l’accueil bangladais étaient merveilleux!

C’est la tête pleine de souvenirs, fatigués émotivement et avec le sentiment de ne pas avoir tout découvert de ce pays que nous sommes repartis.

 

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